Clémence infirmière à Médecins sans Frontières
11 février 2018
infirmière Médcins sans Frontières

Voici le portrait de mon amie Clémence, rencontrée sur les bancs de l'école (quand on y allait...), il y a quelques années.
Déjà à l'époque elle me parlait de son envie de voyager, et d'intégrer une association pour faire de l'humanitaire.

C'est désormais chose faite!


Je suis fière d'elle, de la personne qu'elle est devenue et de son dévouement auprès des autres.


J'aime son audace, son grand cœur et son tempérament de feu !


C'est pourquoi je l'ai choisie pour être la première personne à inaugurer ces portraits.


L'idée de faire de l'humanitaire ou du bénévolat m'a toujours traversée l'esprit... peut-être que j'y viendrai un jour qui sait..

(#nonjenaipaspeurdepartirseuleàlautreboutdumonde...)  .

Et puis plus sérieusement, j'ai un poisson rouge en bas âge, qui en prendrait soin ?


Merci d'avoir accepté sans réfléchir cette proposition et de me faire confiance ma Clem !


 

1- Salut Clémence, est ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi ?


Bonjour,


Bordelaise et Charentaise à la fois, j’ai aujourd’hui passé le cap des 30 ans avec succès, je suis en bonne santé, libre comme l’air avec de nombreux êtres chers autour de moi pour m’accompagner dans la vie.


Je suis célibataire, sans enfant et je ne possède plus rien de matériel à part un téléphone et une valise.
 
2- Quelle formation as-tu et pourquoi avoir intégré l'association Médecins sans Frontières?


Je suis infirmière de formation et infirmière en Pédiatrie et Néonatalogie d’expérience à l’hôpital.


L’idée de travailler dans l’humanitaire me suit depuis petite avant même de savoir que je ferais des études d’infirmière. J’ai croisé dans mon entourage des personnes qui travaillaient pour cette association après 3 ans de travail à l’hôpital.


N’étant pas très épanouie à ce moment-là,  j’ai décidé de postuler.

La suite a été très rapide. Lorsque j’ai reçu une confirmation positive j’ai regardé devant moi, sans écouter les commentaires de personnes effrayées par mon choix. J’ai foncé et sans regret.


3- Peux-tu nous en dire un peu plus sur MSF et comment peut-on aider l'association?


Cette association naît dans les années 70. Elle soutient médicalement/porte secours aux pays qui en ont besoin (pays en guerre, catastrophes naturelles, pandémie ect…). Elle œuvre dans la neutralité et en toute impartialité.


Les fonds de MSF sont totalement privés, c’est-à-dire que l’association de cet organisme travaille en parallèle pour obtenir des dons.
Nous avons de nombreux fidèles du monde entier qui nous soutiennent avec de grosses ou petites sommes et qui permettent à MSF de gérer ses dépenses en toute autonomie pour mener à bien les projets dans plus de 80 pays (variable en fonction des besoins).


Alors si vous voulez aider l’association à financer nos projets devenez donateur sur le site MSF.


4- En quoi consiste ta mission sur place ?


En fonction des besoins et des accords passés avec les autorités du pays (il y a de la politique partout), MSF mène des actions ciblées et stratégiques pour supporter le système de santé d’un pays sans pour autant le substituer.


En fonction de la possibilité, MSF travaille dans des hôpitaux déjà existants en collaboration avec le MOH (Ministry of health) ou ouvre son propre hôpital avec toujours du personnel de santé local pour continuer de faire travailler et former les locaux pour un impact à long terme.


Nous faisons aussi de la réhabilitation de bâtiment pour assurer une continuité dans de bonnes conditions.
 

5- Tes nombreux voyages dans d'autres pays ont-ils  changé ta perception de la vie et ton quotidien à ton retour en France ?


Alors là c’est le moins qu’on puisse dire !


Je pense que pour la personne anxieuse que je suis j’ai appris à relativiser les petites choses de la vie. C’est d’ailleurs le grand décalage que j’ai avec mon entourage lorsque je rentre en France.

 

Sans pour autant dire que les malheurs du quotidien en France sont banals, c’est plutôt la manière de prendre les choses qui est différente.


Mon quotidien en France n’est pas si facile que cela car j’ai souvent besoin de repos, de bonne humeur et de petit plaisir de tous les jours avec du temps libre à combler.


Ceux qui restent ont leur routine, leurs problèmes, leur emploi du temps chargé bien entendu. Les attentes sont difficiles à maîtriser et finissent parfois en déception.


Mais avec le temps on apprend.
J’ai aussi fait un tri de beaucoup de choses car, faute de temps, je vais vers l’essentiel.


6-Quelles sont les coutumes qui t'ont marquée dans tes voyages ?


Vaste question, il y en a tellement, je crois que ce qui me choque toujours autant c’est leur croyance avec la médecine traditionnelle et leur dévouement envers la religion.


Il est difficile de changer les habitudes culturelles d’un pays même si elles sont dangereuses.


Par exemple : la circoncision à domicile, suspendre l'enfant par les pieds à la naissance s'il ne respire pas, les brûlures faites sur des parties du corps douloureuses (ils font cela avec je ne sais quoi pour libérer la douleur de l'enfant) ou des scarifications sur l'abdomen pour soigner un mal de ventre ..


Mais, il y a aussi des coutumes agréables et drôles comme manger sur le sol, partager la même assiette, les différents thés selon les pays, la manière de dire bonjour etc…

7- Un souvenir mémorable ?


Un pique- nique dans les vallées rocheuses du fin fond du Yémen, allongée sur notre 4X4 MSF ; à regarder le ciel avec pour seul bruit les chèvres qui bêlent.


La naissance, au même moment, par voie basse, de triplet et de deux autres bébés, lors d'une belle nuit étoilée au Pakistan, avec toute l’équipe de l’hôpital qui travaille ensemble pour faire au mieux (tout le monde en est ressorti vivant).


La fabrication de pure huile de coco au Mali (made by myself )...


8-Qu'est-ce-que tes voyages t'ont appris?


Les voyages m’ont ouvert au monde et m’ont appris à m’adapter où que je sois. Ils m’ont appris à me sentir bien avec moi-même, la solitude ne me fait plus peur, et j’apprécie encore plus les moments passés avec mes proches.


9-Ta prochaine mission ?


Je suis en Iraq à l’heure où j’écris, contexte difficile pour la population, mais, hormis les militaires qui jouent les gros durs, les gens sont adorables et se soutiennent pour faire face à la misère.

Vue de ma chambre: ville bombardée, lumière grise, aucune verdure et pas un seul petit coin de sécurité absolue. Mais les gens vivent et survivent, avec humour et générosité. S’en est presque gênant…

Que vous évoque l'expérience de Clémence?
Et vous, vous avez des expériences dans l'humanitaire, le bénévolat?

 

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