Dix questions à Isabella
29 mai 2018

Il  y a quelques jours, je vous proposais via mon compte Instagram de répondre à " l'interview" "Dix questions à", pour apprendre à connaître davantage les personnes qui lisaient mes petites bafouilles .

 

J'ai rapidement eu une réponse d'Isabella qui souhaitait volontiers se prêter au jeu ! Merci pour ta gentillesse et pour ton investissement !


1- Bonjour Isabella, si tu devais te présenter en quelques mots:


Je m’appelle Isabella. Je suis franco-américaine. J’ai 32 ans. J’ai déménagé de Paris, en Corse, il y a bientôt 4 ans.

Actuellement, je m’occupe de ma petite fille (8 mois bientôt) ; une décision qui correspond aussi à un tournant, celui d’une volonté de reconversion ; un sujet qui me travaille (c’est le cas de le dire) depuis longtemps.

 

J’aimerais voguer vers des horizons moins virtuels (après mes études de journalisme, j’ai toujours travaillé sur le web), avoir un impact plus “concret”, une contribution positive. Si j’ai encore du mal à formaliser mon projet, c’est une conviction qui a clairement grandi à mesure que mes valeurs, green notamment, se sont affirmées.


2-Que penses-tu de ces mouvements (bio/naturel, presque zéro déchet, minimaliste) que l'on voit croître progressivement ?


Plus ces mouvement se démocratisent, plus chacun y trouve son compte et c’est bien.

 

Comme l’évoque le nom de mon blog, je crois à l’impact que peut avoir chaque “petit pas”. Pour certains ce sera manger bio, pour d’autres consommer moins, se déplacer à vélo ou encore le zéro déchet. Finalement, peu importe tant qu’on “fait” un pas dans la bonne direction pour soi et pour la planète.

 

Bien sûr, on peut voir le verre à moitié vide, se désoler du greenwashing, qui n’est jamais bien loin, du bio dans sa dimension commerciale qui s’éloigne de la charte originelle de “la bio”, il y aura toujours à redire ; être humain c’est être imparfait, même avec les meilleures intentions. Mais on peut aussi voir le verre à moitié plein et se réjouir de toutes ces sources d’inspirations pour de meilleurs lendemains. Et puis il faut se méfier de la perfection. Le tout ou rien fait que parfois on baisserait plus volontiers les bras, c’est pourquoi je préfère de loin la vision du colibri ;)

3-Alors, raconte nous, qu'est-ce qui a initié ta démarche vers des gestes plus durables et donc a changé ton quotidien petit à petit ?


J’ai grandi en mangeant bio, avec peu voire pas de viande à la maison, en triant les déchets. Mais pendant longtemps c’était juste le fruit de mon éducation et non des gestes réfléchis.

 

J’étais certes préoccupée par les questions liées à notre impact sur l’environnement, mais j’avais la sensation de ne rien pouvoir y changer ; jusqu’à la lecture du livre “No Impact Man”, qui m’a donné foi en ma capacité d’action (un peu comme “Demain”, mais 6 ans plus tôt, j’ai lu Colin Beavan en 2011), et amené à questionner ma manière de consommer de façon plus raisonnée, en vérifiant la provenance des aliments, des vêtements, les matières utilisées (pour les textiles, l’ameublement), en veillant aux ingrédients des produits de beauté, d’entretien, tout ça petit à petit, pour ma santé et celle de la planète.


4-Est-ce que ton alimentation (type d'aliment, provenance, quantité) a changé?


Je traque désormais systématiquement l’huile de palme pour la bannir de mes placards et de ma salle de bain (j’ai découvert qu’on en trouve dans les savons, même labellisés).

 

Pour les fruits et légumes, j’essaye de les manger de saison pour acheter le plus possible local. J’essaye de minimiser les emballages et quand je peux, d’acheter en vrac, avec des sachets durables. J’aimerais enfin faire davantage de choses maison (cuisine, produits ménagers, beauté) ; la cuisine c’était déjà dans mes habitudes, mais avec l’arrivée de bébé j’ai parfois moins de temps et hélas mes achats s’en ressentent un peu.

 

Il faut savoir faire des compromis. Par exemple, avec la grossesse, j’ai ressenti le besoin de manger un peu plus souvent de la viande, en revanche j’ai arrêté d’acheter du jambon depuis cet épisode sur le bio de l’émission Grand bien vous fasse, quasi impossible d’en trouver sans nitrites, même au rayon bio justement.


5-Comment t'organises-tu à l'extérieur, au travail ou en voyage pour garder tes habitudes  et peut-être même éveiller la curiosité de quelques-uns?


Je continue à trier pour jeter, même quand je suis en vadrouille, quitte à me balader avec un truc à jeter jusqu’à trouver la bonne poubelle :D J’essaye également de ramasser les déchets dans la nature, sur les plages en particulier, en Corse évidemment, et partout ailleurs. Je ne sais pas si ça éveille la curiosité des gens que je croise, mais je me dis qu’au moins ce sont des gestes qui seront ceux de ma fille demain et ça, c’est pas rien.

J’aimerais aussi attirer l’attention sur un petit geste, mais qui peut faire une grande différence à l’échelle planétaire, arrêter les pailles en plastique. C’est mon défi de l’été, je suis d’autant plus motivée depuis que j’ai lu (ici) que la ville de San Francisco songeait à les bannir, comme d’autres villes déjà aux USA.

 

Mon autre défi un peu fou c’est celui d’attirer l’attention de la Collectivité Territoriale de Corse sur cette question. Après les sacs en plastique, ce serait un geste fort que d’être précurseur pour les pailles aussi, surtout après la crise des déchets que vient de vivre l’île. J’ai cherché à les interpeller par l’intermédiaire de leur page Facebook, vous pouvez y ajouter votre voix aussi !

unpetitpaspourtoi


6-Quel est ton prochain objectif?


Composter ! Et j’aimerais m’intéresser de plus près aux récupérateurs d’eau, pour le jardin.

7-Y a-t-il un objet durable dont tu ne te passerais plus ?


Comme je viens d’avoir un bébé, je pense spontanément aux carrés de coton lavables. C’est un petit geste mais je les ai adoptés pour le change.


8-Tu t'étais dit jamais je ne ferai ou n'utiliserai ça (oui on l'a tous dit!) et puis finalement ..


Manger des épluchures. Je comprenais le principe mais de là à le faire… Et puis finalement, j’ai testé les chips de pelures de pommes et j’ai trouvé ça sympa. Prochain “j’aurais jamais cru faire ça” au menu, le gâteau aux peaux de bananes (j’ai cru à une blague mais ça existe et ça m’intrigue).


9-Que réponds-tu aux personnes qui tenteraient de te décourager dans ta démarche à coup d'arguments du type : " le bio c'est barbant", "c'est les lapins qui mangent de la salade", "c'est cher, mon père c'est pas Rothschild", "le plastique c'est pratique" ou alors " le Kinder que tu manges là, il est bio ?" ( liste non exhaustive ^^) ?


Déjà, qu’on fait bien ce qu’on veut, eux comme moi.

 

Ensuite, je pense surtout que ces arguments tombent à plat dès lors que tu es en accord avec tes choix et qu’ils te (le) rendent bien. Si ta façon de consommer, de manger, de vivre, te donne le sourire, te permet d’être en bonne santé, de faire des économies tiens (et bim) et bien sûr, tant qu’à faire - ça ne gâche rien - de protéger la planète, je ne vois pas pourquoi on viendrait te chercher la petite bête. C’est comme en psychologie, les gens vont souvent là où ils sentent qu’il y a une faille, quand il n’y en a pas, ils te laissent tranquille. Testé et approuvé ;)


10-Alors "écolo" d'accord, mais bon personne n'est parfait et malgré tes convictions, il y a des choses que tu n'es pas encore prête à changer. Lesquelles?

Manger du chocolat, et j’en mange tous les jours en plus ; je l'achète bio et équitable certes, mais son empreinte carbone reste pas folichonne. Cela dit, c’est une question d’équilibre, on peut compenser avec d’autres gestes au quotidien.

 

Je pense ensuite à l’avion, difficile quand on vit sur une île de ne pas le prendre relativement souvent, ne serait-ce que pour rendre visite aux proches sur le continent, quand ce n’est pas aux Etats-Unis où j’ai ma famille aussi. Je n’ai pas, pour ça, le côté jusqu’au-boutiste de Colin Beavan dont je parlais plus haut ! (mais bon, heureusement je crois).

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