Dix questions à David ( ou Goliath)
18 juillet 2018


Que diriez-vous si on ajoutait une bonne pincée de testostérone par ici?

C'est vrai que quand on parle de zéro déchet ou d'écologie au quotidien, ben on se retrouve souvent entre femmes pour échanger.


Bien sûr les choses évoluent dans le bon sens au niveau de la répartition des corvées ménagères, mais les femmes restent tout de même les principales intéressées quand il s’agit de s'informer sur les alternatives d'entretien de la maison, du linge, des courses ou d'achat de cosmétiques éthiques pour la famille..


Les hommes sont aussi acteurs mais il me semble que leurs aspirations sont différentes en termes d'écologie.


Alors pour prouver que les choses bougent et que OUI il y a aussi de la place pour les hommes dans ce genre d'échange, j'ai décidé de faire intervenir un homme!


 J'ai de suite pensé à mon ami David!

 

Il est très fort pour faire (ou refaire) sourire les gens ( c'est un grand imitateur d'animaux fermiers : chèvre, mouton ..) et un super papa moderne aimant la nature et ouvert d'esprit ( le parfait candidat à qui donner la parole!) .

Merci à lui de s'être prêté au jeu en tout cas !
 

1- Bonjour David, si tu devais te présenter en quelques mots :

 


Je m’appelle David et je m’approche très dangereusement de mes 30 ans. Je suis originaire de Blois dans le Loir-et-Cher mais je me suis expatrié depuis 6 ans dans la (très belle) région Bordelaise avec femme et depuis peu enfant.


J’ai passé toutes mes études secondaires à essayer de comprendre comment concilier gestion des espaces naturels et production agricole. Cela revient à s’interroger sur la question suivante : comment préserver (voir reconstruire) des espaces naturels fonctionnels et durables pour l’ensemble des utilisateurs (animaux et humains) de ce même espace ?

 

A l’époque, la conclusion c’est qu’il y avait du boulot !!


J’ai donc atterri à Bordeaux pour mettre en application mes connaissances sur les espaces viticoles en gestion intensive. Sachez que j’arrive toujours à la même conclusion : il y a du boulot. Mais rassurez-vous, ça avance vraiment dans le bon sens !!!

2-Que penses-tu de ces mouvements (bio/naturel, presque zéro déchet, minimaliste) que l'on voit croître progressivement ?

 


Personnellement je suis en pleine adéquation avec l’émergence de ces mouvements. Ce qui me fait sourire c’est qu’on a l’impression d’inventer des modes de fonctionnement ou de découvrir un immense champ des possibles. Alors que si on regarde dans le rétroviseur on se rend compte qu’une grande partie était sous nos yeux depuis bien longtemps.

 

Mais cela ne s’apprend pas forcément dans les livres d’histoire.


Ce retour à l’essentiel, aux circuits courts, au bio et compagnie ça fait du bien. Ça redonne du sens à beaucoup de monde (producteurs, jeunes générations, etc.) et à beaucoup de choses.

3-Alors, raconte-nous, qu'est-ce qui a initié ta démarche vers des gestes plus durables et donc a changé ton quotidien petit à petit ?

 


Si on retourne au tout début, je peux facilement dire que l’éducation de mes parents est à l’origine de ma sensibilité pour la gestion durable de notre environnement. C’est grâce a eux que j’ai mis un pied dedans avec de longues sorties en forêt, à la montagne, peu importe où mais dehors.

 

Puis ces mêmes parents m’y ont mis les deux pieds en m’inscrivant dans une association naturaliste (le Club Jeunes Nature et Animaux de Marolles). Ils ne m’ont pas forcé longtemps puisque j’y suis resté plus de 15 ans en passant du rôle de participant à celui d’animateur.

 

Et maintenant j’y suis jusqu’au cou puisque d’une manière ou d’une autre j’en ai fait mon métier. Pour les gestes durables en tant que tels, ils résultent uniquement d’un questionnement personnel permanent : « quel est l’incidence de mon geste sur la planète pour mon quotidien et pour l’avenir ? ».


Ce n’est pas facile de faire tout bien tout le temps mais essayer en toute conscience c’est déjà un premier pas.

4-Est-ce que ton alimentation (type d'aliment, provenance, quantité) a changé?

 


Clairement oui. Depuis que j’ai quitté le monde étudiant et que je suis autonome financièrement j’essaie de passer au maximum par des producteurs locaux.


Plus de fruit et légumes en supermarché mais chez un groupement de producteurs locaux ce qui rappelle le bien-fondé de la saisonnalité des produits. Sans oublier le potager (en permaculture) dès les beaux jours !! Je mange beaucoup moins de viande et lorsque j’en mange, elle vient du même groupement de producteurs locaux ou du boucher.


Malheureusement je n’ai pas encore franchi le cap du zéro déchet, et certains aliments de base viennent encore des grandes surfaces.
Et pour notre enfant, tout est cuisiné maison en respectant le même fonctionnement d’achat que pour nous.


En toute objectivité je pourrais faire encore mieux ou aller encore plus loin mais pour l’instant mon mode de fonctionnement me convient.

 


5-Comment t'organises-tu à l'extérieur, au travail ou en voyage pour garder tes habitudes et peut-être même éveiller la curiosité de quelques-uns?

 


J’avoue que je ne suis pas un extrémiste du fonctionnement durable. Je ne veux pas imposer mon fonctionnement aux autres personnes.


Je donne mon avis crescendo : je ne râle pas pour les courses en supermarché, je râle quand on me propose une tomate en décembre et j’arrête tout quand on jette une bouteille de verre ou de plastique à la poubelle classique !!!


Après, par affinité, j’ai dans mon entourage pas mal de gens sensibilisés à la thématique. C’est donc plus facile de s’adapter.

6-Quel est ton prochain objectif?

 


Après le potager en permaculture qui fonctionne bien, je me suis lancé dans l’apiculture. Phénomène de mode, c’est certain. Ce qui m’intéresse c’est l’apprentissage passionnant de la vie et du fonctionnement de la ruche.

 

En plus de ça, l’abeille me semble être une espèce parapluie, c’est-à-dire qu’en multipliant la communication sur les abeilles et la pollinisation on pourra protéger bien plus que cette espèce là (comme celles qui vivent ou utilisent les bandes fleuries par exemple).
 

Mon objectif c’est donc de vous faire goûter mon miel dès que possible !!

7-Y a-t-il un objet durable dont tu ne te passerais plus ?

 


Je viens de faire un laïus de 3 pages pour finalement découvrir que je ne trouve aucun objet durable dans mon fonctionnement quotidien … la loose ..

8-Tu t'étais dit jamais je ne ferai ou n'utiliserai ça (oui on l'a tous dit!) et puis finalement ..

 


Quand on a un bébé, on se rend très vite compte que les couches et les lingettes augmentent considérablement la quantité de déchets ménagers.


Les couches lavables deviennent donc une solution hyper intéressante … en théorie ! Dans la pratique c’est une logistique relativement lourde qu’il n’est pas forcément évident de concilier avec la vie de tous les jours.


Je m’étais donc dit que je n’en utiliserai jamais et puis finalement … je n’en utilise pas !!!


Toutefois j’ai découvert à Montréal un truc génial : une entreprise a conçu un service de récupération et de nettoyage des couches lavables. Vous regroupez vos couches et quelqu’un vient les récupérer à votre domicile, les nettoie et vous les ramène la fois suivante.

 

J'adore l’idée car ça facilite la gestion quotidienne. Après est ce que c’est plus durable que des couches jetables ?? je ne sais pas mais ce qui est sûr c’est qu’on génère moins de déchets qui se retrouvent dans la mer ou les rivières.

 

Quelqu’un veut se lancer pour ouvrir ça en France ?

9-Que réponds-tu aux personnes qui tenteraient de te décourager dans ta démarche à coup d'arguments du type : " le bio c'est barbant", "c'est les lapins qui mangent de la salade", "c'est cher, mon père c'est pas Rothschild", "le plastique c'est pratique" ou alors " le Kinder que tu manges là, il est bio ?" (liste non exhaustive ^^) ?

 


Ma réponse c’est que la vie est faite de petites choses, de petits pas, qui nous mènent petit à petit vers un changement nécessaire et inévitable pour ne pas aller dans le mur.

 

Ne pas voir que le mode de vie d’après-guerre n’est plus durable c’est se mettre des œillères.

Maintenant, à mon tour de poser des questions car j’ai besoin de vos avis.

 


- Mieux vaut-il un produit bio d’Espagne ou un produit raisonné local ?

 

- Mieux vaut il sensibiliser sur la bonne utilisation des produits phytosanitaires (choix des molécules les plus neutres, pas de CMR, utilisation de matériel anti-dérives, etc) ou aller à corps perdu dans l’utilisation du cuivre et du souffre qui s’accumulent dans nos sols ?


Ces questions m’interpellent vraiment car aujourd’hui les politiques publiques ont tendances à ne prôner qu’un seul discours alors que selon moi, plusieurs alternatives devraient être présenter aux citoyens pour les guider au grès de leurs possibilités.

 


10-Alors "écolo" d'accord, mais bon personne n'est parfait et malgré tes convictions, il y a des choses que tu n'es pas encore prêt à changer. Lesquelles?

 


Le zéro déchet c’est encore hyper compliqué pour moi, surtout avec un bébé de 13 mois et ses nombreuses couches …
Je préfère optimiser au maximum le tri de mes déchets et la réduction des quantités mais c’est encore difficile d’aller plus loin.


Ma conclusion personnelle face à toutes ces questions, c’est qu’il faut aller vers ce qui NOUS semble personnellement le plus juste, le plus équilibré et le plus en adéquation avec nos modes de fonctionnement quotidien.

 

Sans jamais quitter des yeux que chaque geste aura une incidence sur notre mode de vie de demain. 

Voila, la parole est à vous, vous pouvez répondre aux questions de David en commentaire !

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